Guide Expert — Retraite Internationale

Conventions de sécurité sociale signées par la France

Règlements européens, conventions bilatérales, pays sans accord : tout comprendre pour sécuriser votre retraite après une carrière internationale.

Par Jérémy Léonard, Expert Retraite Internationale — Mis à jour en avril 2025 · Source principale : CLEISS (données au 1er janvier 2025)

73
pays ou territoires couverts
31
pays UE/EEE/Suisse
41
conventions bilatérales
4
décrets de coordination

Comprendre le cadre juridique : les 4 niveaux de coordination


La France est liée à 73 pays ou territoires par des accords de sécurité sociale. Ces accords ne sont pas tous de même nature ni de même portée. Il faut distinguer quatre niveaux juridiques distincts.

1. Règlements européens

Règlements (CE) n° 883/2004 et n° 987/2009. Applicables dans les 27 États de l'UE + Islande, Liechtenstein, Norvège et Suisse. Couvrent toutes les branches de la sécurité sociale, y compris le chômage. S'appliquent aux salariés et aux indépendants, quelle que soit la nationalité.

2. Accords avec le Royaume-Uni

Depuis le Brexit : l'Accord de retrait (01/02/2020) protège les droits acquis des personnes en situation transfrontalière avant le 31/12/2020. L'Accord de commerce et de coopération (01/05/2021) prend le relais pour les nouvelles situations, avec un champ plus restreint.

3. Conventions bilatérales

Accords négociés entre la France et un pays tiers. Champ variable d'une convention à l'autre. Contiennent au minimum des dispositions sur le détachement et la vieillesse. Ne couvrent jamais le risque chômage. La plupart ne visent que les salariés (sauf exceptions listées ci-dessous).

4. Décrets de coordination

Applicables aux collectivités d'outre-mer : Nouvelle-Calédonie, Polynésie française, Saint-Pierre-et-Miquelon, Mayotte. Fonctionnent comme des accords bilatéraux internes à la France, couvrant toutes les branches.

Règlements européens (UE/EEE/Suisse)
Accords UK post-Brexit
Conventions bilatérales
Décrets de coordination (outre-mer)
Aucun accord (Chine, Thaïlande, Australie…)
Source : CLEISS, Les accords internationaux de sécurité sociale signés par la France au 1er janvier 2025cleiss.fr

Les règlements européens : la coordination la plus complète


Les règlements européens constituent le niveau de protection le plus élevé. Ils reposent sur quatre principes fondamentaux :

Unicité de la législation applicable

Vous n'êtes couvert que par la législation d'un seul pays à la fois. Vous ne payez des cotisations que dans ce pays.

Égalité de traitement

Vous bénéficiez des mêmes droits que les nationaux du pays où vous travaillez.

Totalisation des périodes

Les périodes d'assurance accomplies dans n'importe quel État membre sont prises en compte pour l'ouverture et le calcul des droits.

Exportabilité des prestations

Vous pouvez percevoir vos pensions dans n'importe quel État membre sans réduction.

Les 31 pays couverts

Les 27 États membres de l'UE : Allemagne, Autriche, Belgique, Bulgarie, Chypre, Croatie, Danemark, Espagne, Estonie, Finlande, France, Grèce, Hongrie, Irlande, Italie, Lettonie, Lituanie, Luxembourg, Malte, Pays-Bas, Pologne, Portugal, République tchèque, Roumanie, Slovaquie, Slovénie, Suède.

Auxquels s'ajoutent via l'EEE et l'accord bilatéral : Islande, Liechtenstein, Norvège (depuis le 01/06/2012) et la Suisse (depuis le 01/04/2012).

📌 Point clé pour la retraite

Dans l'espace européen, chaque caisse calcule votre pension de deux façons : le calcul national (sur la seule carrière locale) et le calcul communautaire (totalisation-proratisation). Elle vous verse le montant le plus élevé des deux. C'est le mécanisme de l'article 52 du règlement 883/2004.

Pour en savoir plus sur les systèmes de retraite de ces pays :

🇩🇪 Allemagne · 🇪🇸 Espagne · 🇧🇪 Belgique · 🇮🇹 Italie · 🇳🇱 Pays-Bas · 🇱🇺 Luxembourg · 🇨🇭 Suisse · 🇸🇪 Suède · 🇳🇴 Norvège · 🇩🇰 Danemark · 🇮🇸 Islande · 🇮🇪 Irlande

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Le Royaume-Uni post-Brexit : deux régimes qui coexistent


Depuis le 1er janvier 2021, la coordination avec le Royaume-Uni repose sur deux textes superposés.

Accord de retrait (01/02/2020)

Protège les droits acquis des personnes qui étaient en situation transfrontalière au 31/12/2020. Les règlements européens continuent de s'appliquer intégralement pour ces personnes, sous réserve d'obtention d'un titre de séjour.

Accord de commerce (01/05/2021)

Pour les nouvelles situations : totalisation pour la vieillesse (calcul séparé par chaque institution), maladie, détachement limité à 24 mois (sans prolongation possible). Les pensions d'invalidité ne sont pas exportables dans le cadre de cet accord (mais le droit français le permet néanmoins).

Nos articles détaillés sur le Royaume-Uni :

Le système de retraite au Royaume-Uni · Prendre sa retraite en France après le UK · Starting Credits UK · Brexit et retraite franco-britannique · Workplace Pension UK · Fiscalité de la retraite UK en France · Contributions volontaires UK : changements 2025

Conventions bilatérales : les 41 pays liés à la France


Chaque convention est le résultat d'une négociation diplomatique. Le champ d'application (risques couverts, catégories de travailleurs) varie considérablement d'un accord à l'autre. Le tableau ci-dessous synthétise les données essentielles.

Pays Entrée en vigueur Vieillesse Invalidité Maladie AT/MP Non-salariés Tiers
🇩🇿 Algérie01/02/1982OuiOuiOuiOuiNonNon
🇧🇯 Bénin01/09/1981OuiNonMaternitéOuiNonNon
🇨🇲 Cameroun01/03/1992OuiOuiMaternitéOuiNonNon
🇨🇻 Cap-Vert01/04/1983OuiNonOuiOuiNonNon
🇨🇬 Congo01/06/1988OuiNonMaternitéOuiNonNon
🇨🇮 Côte d'Ivoire01/01/1987OuiNonMaternitéNonNonNon
🇬🇦 Gabon01/02/1983OuiNonOuiOuiNonNon
🇲🇬 Madagascar01/03/1968OuiNonNonNonNonNon
🇲🇱 Mali01/06/1983OuiNonOuiOuiNonNon
🇲🇦 Maroc01/07/2011OuiOuiOuiOuiOuiOui
🇲🇷 Mauritanie01/02/1967OuiNonNonOuiNonNon
🇳🇪 Niger01/11/1974OuiNonMaternitéOuiNonNon
🇸🇳 Sénégal01/09/1976OuiNonMaternitéNonNonNon
🇹🇬 Togo01/07/1973OuiNonMaternitéOuiNonNon
🇿🇦 Afrique du SudPas de convention — voir nos articles
🇹🇳 Tunisie01/04/2007OuiOuiOuiOuiOuiOui
🇦🇷 Argentine01/11/2012OuiOuiNonOuiOuiNon
🇧🇷 Brésil01/09/2014OuiOuiNonOuiOuiOui
🇨🇦 Canada01/08/2017OuiOuiNonNonOuiOui
🇨🇱 Chili01/09/2001OuiOuiNonOuiOuiNon
🇺🇸 États-Unis01/07/1988OuiOuiNonNonOuiNon
🇨🇦 Québec (entente)01/12/2006OuiOuiOuiOuiOuiNon
🇺🇾 Uruguay01/07/2014OuiOuiNonOuiOuiOui
🇰🇷 Corée du Sud01/06/2007OuiNonNonNonOuiNon
🇮🇳 Inde01/07/2011OuiOuiNonNonOuiOui
🇮🇱 Israël01/10/1966OuiNonMaternitéOuiNonNon
🇯🇵 Japon01/06/2007OuiOuiNonNonOuiNon
🇵🇭 Philippines01/11/1994OuiOuiNonNonNonNon
🇹🇷 Turquie01/08/1973OuiOuiOuiOuiNonNon
🇦🇩 Andorre01/06/2003OuiOuiOuiOuiOuiNon
🇧🇦 Bosnie-Herzégovine04/12/2003OuiOuiOuiOuiNonNon
🇬🇬 Guernesey, Aurigny, Herm, Jethou01/12/1965OuiOuiOuiOuiNonNon
🇯🇪 Jersey14/05/1980OuiOuiOuiOuiNonNon
🇽🇰 Kosovo06/02/2013OuiOuiOuiOuiNonNon
🇲🇰 Macédoine du Nord14/12/1995OuiOuiOuiOuiNonNon
🇲🇨 Monaco01/04/1954OuiOuiOuiOuiNonNon
🇲🇪 Monténégro26/03/2003OuiOuiOuiOuiNonNon
🇸🇲 Saint-Marin01/01/1951OuiOuiOui*OuiNonNon
🇷🇸 Serbie01/12/2023OuiOuiOuiOuiOuiOui
🇳🇨 Nouvelle-Calédonie01/12/2002OuiOuiOuiOuiOui
🇵🇫 Polynésie française01/01/1995OuiOuiOuiOuiOui
🇵🇲 Saint-Pierre-et-Miquelon01/06/2011OuiOuiOuiOuiOui
🇾🇹 Mayotte01/04/2022OuiNonOuiOuiNon

Légende : Vieillesse = totalisation pour le calcul de la pension · Invalidité = couverture du risque invalidité · Maladie = soins de santé (certaines conventions limitées à la maternité) · AT/MP = accidents du travail / maladies professionnelles · Non-salariés = la convention vise aussi les travailleurs indépendants · Tiers = possibilité de prise en compte de périodes d'un État tiers.

Source : CLEISS, Les accords internationaux de sécurité sociale signés par la France au 1er janvier 2025Document PDF officiel. Conventions signées mais non encore en vigueur : Chine (signée le 31/10/2016), Moldavie (signée le 10/03/2025).
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Pays sans convention de sécurité sociale avec la France


De nombreux pays importants pour l'expatriation française n'ont aucun accord de sécurité sociale avec la France. Dans ces pays, chaque État calcule ses prestations de façon totalement indépendante, sans aucune prise en compte des périodes cotisées dans l'autre pays.

Asie-Pacifique

Chine (signée 2016, pas en vigueur), Thaïlande, Vietnam, Indonésie, Malaisie, Australie, Nouvelle-Zélande, Taïwan, Cambodge, Myanmar, Singapour

Moyen-Orient & Golfe

Émirats arabes unis, Arabie saoudite, Qatar, Koweït, Bahreïn, Oman, Liban, Jordanie, Égypte

Afrique (hors conventionnés)

Afrique du Sud, Kenya, Nigeria, Ghana, Éthiopie, Tanzanie, Mozambique, Angola, RDC

Amériques

Mexique, Colombie, Pérou, Venezuela, Équateur, Costa Rica, Panama, Bolivie, Paraguay

⚠️ Conséquences concrètes en l'absence de convention

Vos trimestres étrangers ne comptent pas du tout pour le calcul de votre retraite française (ni pour le taux, ni pour la durée d'assurance). Pour maintenir vos droits, deux options : cotiser volontairement à la CFE (Caisse des Français de l'Étranger) pour la maladie et/ou à l'assurance vieillesse volontaire auprès de la CNAV (article L.742-1 du CSS). C'est souvent la seule façon de préserver votre durée d'assurance française.

Pour en savoir plus sur ces pays :

Singapour · Hong Kong · Émirats arabes unis · 🇮🇳 Inde · 🇿🇦 Afrique du Sud

Toutes les conventions ne couvrent pas les mêmes risques


C'est un point fondamental et souvent méconnu : une convention de sécurité sociale ne signifie pas une protection complète. Le champ d'application matériel varie considérablement.

Conventions « complètes » (vieillesse + maladie + invalidité + AT/MP)

Ce sont les conventions les plus protectrices : Algérie, Andorre, Bosnie-Herzégovine, Kosovo, Macédoine du Nord, Maroc, Monaco, Monténégro, Québec, Serbie, Tunisie, Turquie, ainsi que les îles anglo-normandes (Guernesey, Jersey).

Conventions limitées à la vieillesse (et parfois l'invalidité)

Certaines conventions ne couvrent essentiellement que le détachement et la coordination des pensions vieillesse : États-Unis, Canada, Corée du Sud, Japon, Inde, Philippines. Pour ces pays, il n'y a aucune coordination en matière de soins de santé — il faut impérativement prévoir une couverture santé privée ou CFE.

Conventions limitées à la maternité (pas la maladie générale)

Plusieurs conventions africaines ne couvrent que l'assurance maternité, pas la maladie générale : Bénin, Cameroun, Congo, Côte d'Ivoire, Niger, Sénégal, Togo. C'est une distinction importante pour les expatriés dans ces pays.

💡 Le chômage n'est jamais couvert

Aucune convention bilatérale ne couvre le risque chômage. Seuls les règlements européens (883/2004) incluent l'assurance chômage dans leur champ d'application. Pour un expatrié hors UE/EEE, il faut adhérer à l'assurance chômage volontaire (Pôle emploi services / France Travail) si l'on souhaite conserver des droits.

Non-salariés : attention aux exclusions

La majorité des conventions bilatérales ne s'appliquent qu'aux salariés. Les travailleurs indépendants ne sont couverts que par les conventions signées avec : Andorre, Argentine, Brésil, Canada, Chili, Corée du Sud, États-Unis, Inde, Japon, Maroc, Serbie, Tunisie, Uruguay, et les collectivités d'outre-mer. Les règlements européens, eux, s'appliquent à tous sans distinction de statut.

La règle de non-cumul des conventions : un piège majeur


Pour les carrières internationales multi-pays, c'est probablement le point le plus technique et le plus controversé du droit de la sécurité sociale internationale.

Le principe appliqué par la CNAV

La Direction de la sécurité sociale (DSS) et la CNAV appliquent le principe suivant : les conventions bilatérales ne s'appliquent qu'entre les deux pays signataires. On ne peut donc invoquer qu'une seule convention à la fois pour le calcul de la retraite française.

Exemple concret : vous avez travaillé 10 ans en France, 8 ans en Algérie et 5 ans à Monaco. La CNAV ne retiendra que les périodes algériennes ou les périodes monégasques (celle qui vous est la plus favorable), mais pas les deux ensemble. Résultat : vous n'atteignez peut-être pas le taux plein alors que vous avez globalement plus de trimestres que nécessaire.

⚠️ Impact sur le taux de liquidation

Cette règle affecte principalement le taux de liquidation de la pension française (maximum 50 %). Sans totalisation complète, vous risquez une décote. La règle de non-cumul ne concerne pas le calcul de la pension étrangère elle-même, qui relève de la législation de chaque pays.

La jurisprudence qui conteste cette position

La Cour d'appel de Caen a affirmé dans un arrêt du 28 mars 2003 qu'aucune règle de droit national, communautaire ou international ne s'oppose à l'application conjointe de deux accords bilatéraux. La Cour de cassation a confirmé cette position en septembre 2004. Malgré cette jurisprudence, la CNAV continue d'appliquer la règle de non-cumul dans sa pratique administrative quotidienne.

Les 7 conventions avec clause « État tiers »

Certaines conventions prévoient explicitement la possibilité de prendre en compte des périodes accomplies dans un État tiers, à condition que celui-ci soit lui aussi lié à la France par un accord incluant la vieillesse. Il s'agit des conventions avec : Brésil, Canada, Inde, Maroc, Serbie, Tunisie et Uruguay.

📌 Conseil d'expert

Si vous avez travaillé dans plus de deux pays hors UE, la question du non-cumul doit être analysée au cas par cas. Selon votre parcours, invoquer la jurisprudence de Caen peut permettre de gagner plusieurs trimestres. C'est un point à expertiser dans le cadre d'un bilan retraite internationale approfondi.

Carrière multi-pays ? La règle de non-cumul peut vous coûter cher.

Invoquer la jurisprudence de 2003–2004 ou identifier la convention la plus favorable nécessite une analyse experte de votre parcours.

Optimiser mes droits

Convention de sécurité sociale convention fiscale


C'est une confusion fréquente chez les expatriés. Ces deux types de conventions n'ont ni le même objet, ni les mêmes signataires, ni les mêmes effets.

Convention de sécurité sociale

Objet : coordonner les droits sociaux (retraite, maladie, invalidité, détachement).

Négociée par : le ministère des Solidarités / Direction de la sécurité sociale (DSS), avec l'appui du CLEISS.

Effet : totalisation des périodes, détachement, exportabilité des pensions.

Nombre : 41 conventions bilatérales en vigueur.

Convention fiscale

Objet : éviter la double imposition des revenus (y compris les pensions de retraite).

Négociée par : le ministère de l'Économie / Direction de la législation fiscale (DLF).

Effet : attribution du droit d'imposer à un seul État (ou partage), crédit d'impôt, élimination de la double imposition.

Nombre : environ 120 conventions fiscales en vigueur.

💡 Cas concrets de divergence

La France a une convention fiscale avec les Émirats arabes unis, le Qatar, Singapour ou la Thaïlande… mais aucune convention de sécurité sociale avec ces pays. Inversement, elle a une convention de sécurité sociale avec le Bénin ou le Togo, mais pas de convention fiscale complète. Il faut donc toujours vérifier les deux dimensions séparément.

Nos articles traitant des aspects fiscaux :

Fiscalité de la retraite britannique en France · Le taux plein en France · Décote et retraite française

Guide pratique : comment lire une convention de sécurité sociale


Les conventions sont des textes juridiques qui peuvent paraître arides. Voici une méthode en 8 étapes pour en extraire les informations essentielles pour votre situation retraite.

  1. Identifier le champ d'application personnel

    La convention s'applique-t-elle à votre profil ? Vérifiez si elle couvre les salariés uniquement ou aussi les non-salariés. Certaines conventions excluent les fonctionnaires ou les marins. Cherchez les articles « champ d'application » (souvent articles 2 à 4).

  2. Vérifier le champ d'application matériel

    Quels risques sont couverts ? Toutes les conventions incluent la vieillesse, mais la maladie, l'invalidité, les AT/MP et les allocations familiales ne sont pas systématiques. Consultez le tableau récapitulatif du CLEISS pour chaque pays.

  3. Comprendre les règles de détachement

    La convention prévoit-elle le détachement ? Quelle est sa durée maximale ? Peut-il être prolongé ? Le détachement permet de rester affilié au régime français tout en travaillant à l'étranger. La durée varie de 12 mois à 5 ans selon les conventions.

  4. Analyser les modalités de totalisation

    Comment les périodes sont-elles prises en compte ? Totalisation simple (les périodes étrangères ne servent qu'à ouvrir le droit) ou totalisation-proratisation (elles entrent dans le calcul du montant) ? C'est le cœur du mécanisme pour la retraite.

  5. Vérifier la possibilité de liquidation séparée

    La convention autorise-t-elle un calcul séparé en plus du calcul par totalisation ? Dans l'espace européen, les deux sont systématiques. Pour les conventions bilatérales, ce n'est pas toujours le cas.

  6. Chercher la clause « État tiers »

    La convention permet-elle de prendre en compte des périodes accomplies dans un troisième pays ? Seules 7 conventions le prévoient (Brésil, Canada, Inde, Maroc, Serbie, Tunisie, Uruguay). C'est crucial pour les carrières multi-pays.

  7. Identifier les règles anticumul spécifiques

    Certaines conventions contiennent leurs propres règles anticumul qui peuvent réduire le montant de votre pension si vous percevez une pension de l'autre pays. Cherchez les articles traitant du « cumul de prestations » ou des « clauses de réduction ».

  8. Consulter les formulaires d'échanges

    Chaque convention utilise des formulaires spécifiques pour l'échange d'informations entre caisses (ex : SE 401 pour l'Europe, formulaires bilatéraux pour les autres). Le CLEISS publie la liste de ces formulaires pour chaque pays. Ils sont indispensables pour votre demande de liquidation.

📌 Où trouver les textes complets ?

Le CLEISS publie l'intégralité des conventions sur son site : cleiss.fr/docs/textes. Pour chaque pays, vous y trouverez le texte de base, les avenants, les arrangements administratifs et les formulaires d'échanges. L'Assurance Retraite met aussi à disposition une page dédiée : lassuranceretraite.fr.

Questions fréquentes sur les conventions de sécurité sociale


La convention de sécurité sociale coordonne les droits sociaux (retraite, maladie, invalidité, détachement) entre deux pays. La convention fiscale vise à éviter la double imposition des revenus. Ce sont deux textes distincts, négociés par des ministères différents. Un pays peut avoir l'un sans l'autre — par exemple, la France a une convention fiscale avec les Émirats arabes unis mais aucune convention de sécurité sociale. Il faut toujours vérifier les deux séparément.
La CNAV applique le principe selon lequel on ne peut invoquer qu'une seule convention bilatérale à la fois pour le calcul de la retraite française. Si vous avez travaillé dans plusieurs pays conventionnés (ex : Algérie + Monaco), seule la convention la plus avantageuse sera retenue. Toutefois, la Cour d'appel de Caen (2003) et la Cour de cassation (2004) contestent cette position. 7 conventions prévoient explicitement la prise en compte de périodes d'un État tiers : Brésil, Canada, Inde, Maroc, Serbie, Tunisie et Uruguay.
En l'absence de convention, chaque pays calcule sa retraite de façon totalement indépendante, sans totalisation des périodes. Vos trimestres étrangers ne comptent pas pour le taux de votre pension française. Pour maintenir vos droits, vous pouvez cotiser volontairement à la CFE (Caisse des Français de l'Étranger) et/ou à l'assurance vieillesse volontaire auprès de la CNAV (article L.742-1 du CSS).
Non. Chaque convention a un champ d'application matériel propre. Certaines ne couvrent que le détachement et la vieillesse (États-Unis, Corée du Sud, Japon), d'autres incluent aussi la maladie, l'invalidité et les allocations familiales (Maroc, Tunisie, Algérie). Aucune convention bilatérale ne couvre le risque chômage, contrairement aux règlements européens 883/2004.
La majorité des conventions bilatérales ne s'appliquent qu'aux salariés. Les indépendants ne sont couverts que par : Andorre, Argentine, Brésil, Canada, Chili, Corée du Sud, États-Unis, Inde, Japon, Maroc, Serbie, Tunisie, Uruguay et les collectivités d'outre-mer. Les règlements européens (883/2004) s'appliquent à tous, salariés comme indépendants.
Dans l'espace européen et avec la plupart des conventions bilatérales, le mécanisme est la totalisation-proratisation : vos périodes étrangères sont ajoutées aux périodes françaises pour déterminer votre taux (et éviter la décote), puis la pension française est proratisée selon la part de votre carrière effectuée en France. Vos salaires étrangers n'entrent jamais dans le Salaire Annuel Moyen (SAM) français.
En règle générale, non — sauf si elles donnent lieu à des périodes assimilées dans le pays d'accueil (ex : Anrechnungszeiten en Allemagne) et que ce pays est lié à la France par une convention incluant ces périodes dans la totalisation. En France, il est possible de racheter des trimestres au titre des études (article L.351-14-1 CSS), sous conditions d'âge et de tarif.

📚 Sources et références officielles

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