Ancien DB réforme WTP Nouveau DC RETRAITE INTERNATIONALE Future Pensions Act · Transition d'ici 2028

Réforme des retraites complémentaires aux Pays‑Bas : ce qui change à partir de 2026

✍️ Par Jérémy Léonard 📅 Mars 2026 ⏱️ Lecture : 8 min 🏷️ Pays-Bas

Le système de retraite néerlandais est souvent présenté comme l'un des plus performants au monde, avec une combinaison robuste de pension publique et de pensions professionnelles complémentaires. Mais à partir de 2026, le deuxième pilier – celui des retraites complémentaires d'entreprise – entre dans une phase de transformation profonde qui va impacter aussi bien les salariés néerlandais que les expatriés et les employeurs internationaux.

1. Rappel express : comment fonctionne la retraite néerlandaise ?

Le système néerlandais repose sur trois piliers, chacun ayant un rôle bien distinct. Comprendre cette architecture est indispensable pour mesurer la portée de la réforme actuelle.

Près de 90% des salariés néerlandais sont affiliés à un régime de retraite complémentaire d’entreprise, ce qui fait du deuxième pilier la pièce maîtresse du niveau de vie à la retraite aux Pays‑Bas.

2. La Future Pensions Act : le point de départ de la réforme

Le cadre juridique de la réforme est la Future Pensions Act (Wet toekomst pensioenen), entrée en vigueur le 1er juillet 2023. Cette loi organise la transition de l’ensemble des pensions professionnelles vers un système intégralement fondé sur des cotisations définies.

L’objectif affiché est de moderniser un système mature mais soumis à de fortes pressions démographiques, tout en rendant les risques financiers plus transparents et mieux répartis entre générations.

3. Du « prestations définies » au « cotisations définies »

Historiquement, une grande partie des pensions complémentaires néerlandaises fonctionnaient sur un modèle à prestations définies (DB), avec une pension cible exprimée en pourcentage du salaire de carrière. La réforme change profondément cette logique.

Ancien système : Prestations Définies (DB) Nouveau système : Cotisations Définies (DC)
Garantissait un revenu nominal fixe (la prestation). La promesse principale est désormais une cotisation.
Risque majoritairement porté par les fonds/employeurs. Le niveau exact de la pension dépendra du rendement des investissements.
Les ajustements étaient rares et opaques. Les pensions deviendront variables : ajustées périodiquement selon les marchés.

L’objectif n’est plus de garantir un revenu nominal fixe, mais de viser un revenu espéré élevé et durable, tout en assumant une part de volatilité.

4. Les deux nouveaux types de régimes de cotisations définies

Dans le nouveau système, les fonds de pension devront choisir entre deux grands types de plans de cotisations définies.

Option 1 : Régime à cotisations de solidarité (Solidarity contribution scheme)
  • Les actifs sont investis de manière collective, avec une politique d’investissement unique pour l’ensemble des participants.
  • Un « fonds de solidarité » permet de lisser les chocs, de partager les risques entre générations et de stabiliser les pensions dans le temps.
Option 2 : Régime à cotisations flexible (Flexible contribution scheme)
  • Les droits sont suivis sur des comptes individuels, avec une politique d’investissement plus personnalisée (logique de portefeuille « life-cycle » selon l’âge).
  • La mutualisation des risques est plus limitée, mais la transparence est accrue sur le capital individuel accumulé.

Les études montrent que la majorité des fonds de pension envisagent d’opter pour le régime de solidarité, jugé plus adapté au partage intergénérationnel des risques.

5. Une cotisation uniforme et une entrée plus précoce

La réforme ne se limite pas à la structure des régimes : elle modifie aussi des paramètres très concrets pour les employeurs et les salariés.

Pour les employeurs, la fin des cotisations fortement plus élevées pour les seniors facilite la gestion des coûts de main-d’œuvre sur une population vieillissante.

6. Calendrier de transition : 2023–2028

La transformation du deuxième pilier est progressive et hautement technique. Trois dates jalonnent la réforme :

Pendant cette période, les partenaires sociaux et les fonds de pension doivent définir comment convertir les anciens droits en nouveaux droits, puis informer individuellement chaque affilié.

7. Impact pour les salariés et les expatriés

Pour les assurés – qu’ils soient néerlandais ou expatriés cotisant dans un fonds néerlandais – la réforme change la nature du risque mais ne remet pas en cause l’importance du deuxième pilier dans le niveau de vie à la retraite.

Pour les personnes proches de la retraite, la façon dont les anciens droits seront convertis – et le niveau de protections offertes – sera un point d’attention majeur dans les communications des fonds de pension.

8. Enjeux pour les employeurs internationaux et les RH

Pour les entreprises présentes aux Pays-Bas, la réforme n’est pas seulement un sujet juridique, c’est un chantier RH à part entière.

Pour les groupes internationaux, la question de la cohérence globale des politiques de retraite – entre filiales néerlandaises déjà très capitalisées et autres pays – devient plus stratégique, notamment dans les packages d’expatriation.

9. Pourquoi cette réforme intéresse aussi la France ?

Même si les systèmes français et néerlandais sont très différents, la réforme des retraites complémentaires aux Pays-Bas nourrit plusieurs débats vus en France.

Pour les professionnels RH, les directions financières et les conseillers en mobilité internationale, suivre de près le « laboratoire néerlandais » fournit des repères précieux pour anticiper les évolutions possibles des retraites complémentaires en Europe.

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Article publié par Retraite Internationale — Mars 2026
Cet article a une vocation informative et ne constitue pas un conseil fiscal ou juridique personnalisé. Les informations sont basées sur la législation en vigueur au moment de la rédaction.